Un débat est récurrent quant à l'usage des PPP. S'agit-il de privilégier un usage efficace des deniers publics (value for money dans les catégories anglo-saxonnes) ? Ou s'agit-il en premier lieu de mettre la dette hors bilan (un des besoins primaires de la personne morale qu'elle soit publique ou privée) ?
Pour le Trésor britannique, la réponse est claire. Celui-ci insiste depuis 1999, que ce qui importe c'est la value for money. D'ailleurs pourquoi faire du hors bilan ? A l'inverse du pacte de stabilité et de croissance, la golden rule permet de faire sortir des dépenses soumises à ce plafond, les dépenses d'investissement....
Cependant, lorsque l'on jette un œil sur la base de données du Trésor, la proportion de PFI laissées hors bilan a de quoi susciter certaines interrogations : sur 590 contrats recensés en juillet 2007... 512 étaient déconsolidés...
mardi 21 août 2007
PPP et stratégies hors bilan
vendredi 3 août 2007
position dominante collective et politiques de la concurrence
Parmi les critères d’évaluation des projets de concentration, dans le cadre des politiques de concurrence européennes, figure la notion de position dominante collective. Une fusion-acquisition peut se traduire en termes de pouvoir de marché par deux effets distincts. Le premier correspond à la dominance individuelle (ou effet unilatéral). Il s’agit de la capacité à élever ses prix au-delà des prix de concurrence de façon significative et non transitoire sans escompter d’attitude coopérative de la part des concurrents. Le second, la position dominante collective (ou effets coordonnés) tient au fait que la réduction du nombre d’acteurs sur le marché rend plus facile l’établissement d’une collusion tacite. Or, le recours à la notion de position dominante collective a donné lieu à des annulations de décisions de
Ce document de travail de l'OFCE traite spécifiquement de la situation dans le secteur de l'audit comptable et financier, cependant la problématique de la position dominante collective se pose dans de nombreux autres secteurs, que cela soit le secteur du disque, comme nous l'avons vu dans un article de janvier 2007 dans la Revue de l'OFCE ou dans les industries de réseaux nouvellement libéralisées, lesquelles se caractérisent par une structure de marché intrinsèquement monopolistique.
En outre, l'analyse de la position dominante collective ouvre d'autres questionnements tels la place des critères économiques dans la décision des juges ou l'articulation des politiques de concurrence de part et d'autre de l'Atlantique
lundi 23 juillet 2007
Les difficultés d’exécution des contrats de Private Finance Initiative britanniques
Alors que de nombreux travaux se sont penchés sur l’optimalité du recours aux partenariats public-privé ou sur les enjeux posés par la structure d’attribution des risques entre les parties, les difficultés d’exécution des contrats de partenariats public-privé n’ont fait jusqu’à présent l’objet que de rares analyses. Les principaux travaux développés sur les difficultés d’exécution des contrats de partenariat public-privé portent sur le cas des pays en développement et concluent sur les difficultés découlant du cadre régulatoire public, que celles-ci proviennent des défaillances de la partie publique elle-même ou des comportements stratégiques des contractants privés cherchant à tirer profit de ces dernières. De tels travaux présentent cependant deux limites. Tout d’abord, ils portent sur des partenariats conçus au sens de la Banque Mondiale, c’est-à-dire lato sensu, intégrant toutes les modalités de gestion déléguée, privatisation incluse. Ensuite, ces travaux ne permettent pas de jauger des risques intrinsèques attachés à l’exécution des contrats, quelles que soient les « performances » du cadre juridique. A ce titre, il peut être fructueux, dans une optique comparative, de développer quelques études de cas à partir des évaluations menées par la Cour des Comptes britannique, le National Audit Office. En effet, si jusqu’à présent les analyses menées sur les PFI britanniques se sont surtout concentrées sur la phase d’acquisition, avec notamment des évaluations de la Value for Money attachée aux contrats, de l’optimalité de la répartition contractuelle des risques ou des arbitrages comptables sous-jacents, les analyses portant sur l’exécution des contrats demeuraient l’exception. Toutefois l’évaluation de la performance opérationnelle des PFI, réalisée en mars 2006 par Partnerships UK, montre que 450 opérations sur 700 étaient déjà rentrées en phase opérationnelle en 2005, rendant possible une analyse des modes de traitement des difficultés d’exécution de ces contrats. Il s’agit tout d’abord, de tirer profit d’un retour d’expérience de vingt années (si l’on prend en compte le contrat relatif au Pont Elisabeth II, PFI avant la lettre) et d’observer en suite les modalités de traitement des défaillances contractuelles dans un cadre juridique dans lequel la solution contentieuse demeure plus l’exception que la règle.
S'appuyer sur le cas britannique est d'autant plus nécessaire et fructueux qu'un nombre croissant de contrats de partenariat sont lancés en France (voir à ce sujet le site de la Mission d'aide au pilotage - MAPP - du ministère de l'Economie).
http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00163919
lundi 2 juillet 2007
Ouverture du marché de l'électricité aux particuliers le 1er juillet 2007
PPP et parcs de loisirs : quelles opportunités ?
Publié en février, le dernier rapport public de
Face à ces risques importants, les collectivités peuvent légitimement s’interroger sur l’opportunité de recourir à d’autres instruments contractuels, parmi lesquels le contrat de partenariat public-privé issu de l’ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004. Les contrats de Private Finance Initiative (PFI) anglais peuvent, à ce titre, apporter un éclairage intéressant sur les capacités de la solution partenariale à optimiser la gestion publique.
Un tel éclairage est d'autant plus nécessaire que Le Monde daté du dimanche 1er juillet mettait en évidence les difficultés de bouclage du projet de PPP portant sur le zoo de Vincennes à Paris.
jeudi 14 juin 2007
Dynamiques de la réglementation publique des marchés et des industries de réseaux
Dans le cadre d'un article publié avec Thierry Kirat dans Economie et Prévision, "La mise en oeuvre de la réglementation :une lecture économico-juridique du secteur électrique et des marchés publics", nous visons à montrer que le système réglementaire des marchés publics ne peut pas être évalué par la seule considération des règles elles-mêmes spécifiées ex ante dans leur formulation initiale.
Ce système se construit progressivement à travers le processus de sa mise en ouvre par l'action des organes de régulation ainsi que par la jurisprudence des tribunaux administratifs.
Nous nous appuyons sur l'exploitation statistique dune base de données couvrant l'ensemble des décisions prises par le Conseil de la concurrence et le Conseil dÉtat dans le secteur électrique et dans le domaine des contrats administratifs dans les années quatre-vingt-dix.
Notre but est de montrer l'importance, quasi-juridictionnelle, des organes de régulation dans des domaines où la mutation du contexte institutionnel est particulièrement rapide, qui vont jusquà vider de sa substance la réglementation initiale.
Un résumé détaillé de l'article est disponible sur le site de la revue.
mardi 12 juin 2007
LA SÉCURITÉ DE L’APPROVISIONNEMENT ÉLECTRIQUE : Quels enjeux pour la régulation?
Les évolutions récentes des prix sur les marchés de l’électricité ne posent pas
seulement des problèmes liés à leur forte augmentation, mais aussi, et surtout, à leur
extrême volatilité. Celle-ci perturbe les signaux de prix adressés aux investisseurs et
peut conduire à un sous-investissement socialement préjudiciable pour la sécurité de
l’approvisionnement électrique. Les risques sont d’autant plus élevés que les unités de
production appelées à satisfaire les pointes de demande ne peuvent couvrir leurs
coûts que durant de courtes périodes de temps. Ceci suppose d’accepter des phases
de valorisation extrême des prix de marché. Or, la difficulté de déterminer si celles-ci
ne sont pas liées à l’exercice de pouvoir de marché peut conduire à des interventions
publiques, notamment sous la forme de plafonds de prix. Ces dernières peuvent
accentuer la tendance au sous-investissement des firmes. En effet, de telles interventions
ont non seulement pour effet direct de supprimer les rentes de rareté, mais elles
ont aussi pour conséquence de créer un sentiment d’insécurité juridique. Celle-ci sera
d’autant plus significativement ressentie que la réglementation du secteur est en
constante évolution et donc imparfaitement prévisible pour les entreprises. L’analyse
des différents mécanismes pouvant être mis en oeuvre pour pallier l’insuffisance de
l’investissement spontané des firmes, tels les mécanismes d’obligation de capacités,
de paiements de capacités ou des marchés de capacités, permet de s’interroger sur
la complémentarité nécessaire de l’initiative privée et de l’action publique pour
garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique.
Encore une fois, le débat ne saurait être posé en termes d'alternative Etat / Marché mais plutôt en termes de complémentarité institutionnelle action publique / résultats du processus de concurrence. Enfin, une constation commune avec le domaine des PPP : confier certaines missions au marché ne se traduit pas par un allègement des charges pesant sur la personne publique : le contrôle est un grand consommateur de ressources humaines, financières et technique.... mais l'intérêt général est à ce prix.